Energie nucléaire
Rappel
Les années 50 se sont ouvertes
sur la fascination du nucléaire. A l’époque, son avenir ne se limitait
pas à la production d’électricité. Il servirait à la propulsion des
avions, des navires, des sous-marins et des locomotives. Il
transformerait notre vie quotidienne.
Il révolutionnerait les
méthodes de cultures : " on constate que les légumes soumis à des
irradiations, se développent plus rapidement " pouvait-on lire à
l’époque. Marie Curie, elle-même, proposait des injections
intraveineuses de radium en disant: " je n’ai pas de preuves que c’est
bon pour la santé mais je le pense ".

A l’époque, il s’agissait de
conjurer le cauchemar d’Hiroshima et d’endormir les populations en leur
racontant une histoire : la super énergie serait là, demain, à leur
disposition et réglerait les problèmes énergétiques du monde entier.
En France, on préparait
Situation actuelle
Il y a en France 24 sites
nucléaires regroupant 55 réacteurs (qui fournissent 75% de notre
électricité) soit 1 réacteur par million d’habitants ce qui est la plus
forte proportion mondiale.
Nous avons une usine de
retraitement des déchets radioactifs (située à La Hague.
Pour finir, nous avons un
surgénérateur (Superphénix) située à Creys Malville.

Inconvénients
Le
plus important concerne les risques liés à la radioactivité. Invisible,
inodore, impalpable, celle-ci est un poison insidieux qui frappe sans
prévenir.
-
L’iode 131, par exemple, s’il pénètre dans le corps, se retrouvera en
fin de course sur la thyroïde, irradiant les cellules se trouvant sur
son passage et y causant des dégâts importants.
- Le
césium, lui, se fixera un peu partout dans les muscles.
- Le
strontium, préfèrera les os et irradiera la moelle épinière causant de
nombreuses leucémies.
Comme
de nombreuses substances radioactives gardent leur activité pendant très
longtemps, celles-ci vont donc s’accumuler dans l’eau, les végétaux, les
animaux et donc les hommes.
Si
une irradiation ne conduit pas forcément à la mort, elle entraîne des
effets différés (séquelles sur le système immunitaire, développement de
cancers, problèmes génétiques, fausses couches...).
Tous
les spécialistes reconnaissent qu’il n’y a pas de seuil en dessous
duquel une irradiation n’aurait aucun effet. Malheureusement, le manque
de transparence du lobby nucléaire empêche les spécialistes de mener des
enquêtes épidémiologiques. Pourtant, l’an dernier, un professeur en
bio-statistique épidémiologique lançait un pavé dans la mare : " il y a
beaucoup plus de cas de leucémie chez les jeunes qui habitent près du
site de La Hague que dans le reste de la France ".

Quelles seraient les conséquences d’un accident majeur ? Cela s’est déjà
produit ! Faut-il rappeler Tchernobyl ? Et il est probable que si l’on
ne fait rien, un second accident pourrait avoir lieu ces prochaines
années dans l’un des pays de l’Est. Le plus connu est le réacteur de
Kosloduy en Bulgarie où l’Europe est condamnée à coopérer (vu la
proximité des populations) pour éviter un second accident lequel
remettrait en cause sa politique du " tout nucléaire ". Mais cela lui
permet aussi d’être au premier plan pour proposer ses services dans la
construction de nouvelles centrales.
En
effet, lorsque le président bulgare sollicite l’aide de l’Union
Européenne pour " repenser sa politique énergétique en plaçant
l’efficacité énergétique en priorité " on ne lui répond même pas.
Mais
chez nous, le risque, même s’il est minime, est possible. Et ce risque
est insupportable ! Des milliers d’hectares contaminés, des populations
entières déplacées. Pire, s’il arrivait malheur à la centrale de
Cattenom c’est tout le Luxembourg qu’il faudrait évacuer. Et où
pourrait-on recréer un état luxembourgeois ?
Mais
ce n’est pas tout : il y a aussi le gros problème des déchets nucléaires
dont on ne sait que faire. Et ceux-ci sont beaucoup plus nombreux que
voudraient nous le faire croire les autorités. Pour une raison simple,
il n’y a pas que la centrale qui en produise mais chaque étape de la
filière nucléaire, à savoir :
-
L’extraction du minerai d’uranium et les premiers traitements.
- La
transformation du minerai en " Yellow Cake " (les déchets du minerai
contiennent 80% de la radioactivité).
-
L’enrichissement et le compactage en pastilles.
- La
combustion.
- Le
retraitement.
Il y
a quelques années, les déchets étaient tout simplement jetés à la mer.
Actuellement, ils sont confinés et entreposés sur place en attendant de
trouver une solution. Une enquête a proposé la création de 3 centres de
recherche pour l’enfouissement des déchets.
Mais
ce serait un cadeau empoisonné que nous ferions aux générations futures
car certains éléments ont une durée de vie considérable : le plutonium,
par exemple, à une demi-vie de 24100 ans.
Mais
ce n’est pas tout : on a décidé de mettre au point un surgénérateur,
c’est à dire une centrale dont le combustible serait du plutonium et qui
non content de produire de l’électricité produirait plus de plutonium
qu’elle n’en consomme !

Mais
Superphénix est un fiasco technique, industriel et financier. Il a coûté
près de 50 milliards de francs mais n’a fonctionné que 174 jours à
pleine puissance sur 8 ans d’existence.
Ne
sachant que faire du plutonium, on a décidé de le retraiter, c’est à
dire le séparer des autres déchets pour le réutiliser dans certains
réacteurs sous forme de M.O.X.(combustible à Oxyde mixte
uranium-plutonium).
Cela
entraîne des manipulations très dangereuses ainsi que des transports à
haut risque. De plus, l’usine de
Troisième grand problème : notre parc nucléaire vieillit ! Une centrale
a une durée de vie de quelques dizaines d’années (25 à 40 ans). En fin
d’exploitation, elle doit être déclassée. Il y a 3 niveaux de
déclassement :
N° 1
Fermeture sous surveillance
N° 2
La libération partielle et conditionnelle
N° 3
La libération totale et inconditionnelle
Qu’appelle-t-on déclassement ?
" C’est l’ensemble des activités qui commencent après la mise en arrêt
de l’installation et qui visent à mettre cette dernière dans une
situation qui assure la protection des travailleurs affectés au
déclassement, du public ainsi que de l’environnement ".
Mais
si la définition est claire, sa réalisation pratique n’est pas sans
poser des problèmes de sécurité importants :
- Les
équipes d’intervention manquent cruellement d’expérience. Beaucoup
d’accidents mortels ont déjà eu lieu.
- De
nombreux problèmes techniques se font jour : nécessité d’intervention de
robots, décontamination...
Cela
va entraîner un coût énorme !!!
Aussi
devant de tels problèmes, E.D.F. a-t-elle pensé reculer le démantèlement
et s’octroyer un délai supplémentaire de 50 voire 100 ans (pour les
réacteurs de + de 1000 Mégawatts).
Mais
c’est trop facile d’offrir ce cadeau aux générations à venir ; c’est
aussi retarder les frais que cela engendrera et donc le coût de revient
du Kilowatt/heure si bon marché.

Et,
c’est oublier que les structures vont s’éroder et rendre plus délicate
les interventions. De plus, c’est la mémoire de l’installation qui se
perdrait.
Pour
terminer sur ce sujet, il convient d’évoquer les risques de
prolifération nucléaire. Le plutonium, qui est donc un déchet de
combustion, est aussi à la base des bombes nucléaires. Il suffit de
Non, il n’y a vraiment
aucun doute : il faut abandonner cette filière qui est vraiment trop
dangereuse pour l’avenir de la planète.
Pour sortir du
nucléaire, il serait aisé de se reporter sur les énergies fossiles. Mais
les partisans d’un changement de politique énergétique ne sont pas
simplement des antinucléaires. Ils sont pour un avenir durable et sans
danger. Or les énergies fossiles ont un inconvénient majeur : elles
amplifient le phénomène de l’effet de serre.
CANDAES Richard

