Protégeons la terre
C’est aujourd’hui une évidence, confirmée par tous les experts :
la lutte contre le réchauffement climatique doit devenir une
priorité pour tous. Pour relever ce défi, il est capital que
nous réduisions massivement nos émissions de Co2.
C’est un choix aujourd’hui possible pour tous : États et
collectivités locales, entreprises et associations mais aussi
chacun d’entre nous dans sa vie quotidienne… Toutes les actions
comptent pour résoudre cette nouvelle équation.
A l'heure des choix, c'est à nous tous, chacun à son niveau, de
devenir acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique,
pour inventer l'énergie de demain et offrir le meilleur mode de
vie possible aux générations futures. De son côté, EDF s'inscrit
depuis de nombreuses années dans cette dynamique grâce à un parc
de production associant principalement énergies hydraulique et
nucléaire, peu émettrices de Co2. L'engagement du groupe dans
cette voie se confirme aujourd'hui avec le développement des
énergies renouvelables et son action en faveur des économies
d'énergie.
Lorsque l'on évoque les changements de l'environnement
global, il est fréquemment fait référence dans les medias et
dans le public à deux problèmes d'environnement qui sont parfois
traités de façon totalement distincte, mais fréquemment
confondus comme s'il s'agissait d'un seul et même problème : il
s'agit d'une part de l'ozone stratosphérique et du célèbre "trou
d'ozone" et d'autre part de l'augmentation des gaz à
effet de serre
(GES)
et du changement climatique qui en découle. Or il s'agit de deux
problèmes très différents. On peut en première approximation
traiter le problème du changement climatique sans inclure la
stratosphère
et le sort de l’ozone en ignorant le changement climatique.
Mais cependant les problèmes ne sont pas
totalement indépendants ; il existe entre eux de nombreuses
interactions et nous en évoquerons quelques unes.

Les nuages
sont les grands responsables du trou d'ozone
Il n’est pas question de
traiter, dans ce texte du problème climatique dans son ensemble.
Celui-ci dû à l’augmentation des GES, se situe essentiellement
dans les basses couches de l’atmosphère, la
troposphère.
Nous ne parlerons ici que de la stratosphère où se trouve la
avec les
problèmes qu’elle a suscité au cours des dernières décennies,
ainsi que des impacts de la stratosphère sur le climat.
Rappelons que la stratosphère est le premier lieu où a été mis
en évidence un changement de l'environnement d'origine
anthropique indiscutable. Alors que
la réalité du changement climatique (c’est-à-dire de la
température à la surface de la terre) était encore mise en doute
en 1995 (second rapport du GIEC), c'est 10 ans plus tôt, en
1984, que l’on découvrait que l'ozone stratosphérique avait
diminué de moitié au-dessus de l'Antarctique au début du
printemps austral.
Lexique
Effet de serre
Phénomène thermique bien connu sur les planètes comme la Terre
et Vénus où l'atmosphère laisse passer une partie du rayonnement
du Soleil qui vient frapper le sol. Réchauffé, celui-ci émet un
rayonnement infrarouge qui est en partie ou totalement piégé par
l'atmosphère rendue "imperméable" par la présence de gaz dont
principalement la vapeur d'eau sur Terre, et le Co2 (sur
Venus et à moindre degré sur Terre).
Il y a alors une isolation accrue de la planète et un
réchauffement général de celle-ci. A noter que l'effet de serre
existe aussi sur Mars bien que beaucoup plus faible.
Troposphère
La troposphère est la partie de l'atmosphère terrestre située
entre la surface de la Terre et une altitude de 8 à 15
kilomètres. Elle est plus épaisse à l'équateur qu'aux pôles. La
frontière entre la troposphère et la
stratosphère
s'appelle la tropopause. Cette
couche atmosphérique contient 85% de la masse totale de
l'atmosphère... et l'air qu'on respire.
Stratosphère
La stratosphère est la couche de l'atmosphère terrestre qui
se situe au-dessus de la
troposphère
(et donc de la tropopause), et qui s'étend jusqu'à la
mésosphère,
à 50 km d'altitude. La zone frontière entre la stratosphère et
la mésosphère s'appelle la stratopause.
Mésosphère
Située entre 50 et environ 80 kilomètre d'altitude, la
mésosphère se situe au-dessus de la
stratosphère
(elle-même au-dessus de la
troposphère,
en contact avec le sol).
Elle est séparée de la stratosphère par la stratopause et de
la couche supérieure (la
thermosphère)
par la mésopause.
Protocole de Kyoto
Le Protocole de Kyoto vise à lutter contre le changement
climatique en réduisant les émissions de gaz carbonique.
Le Sommet de la Terre, à Rio en 1992, a marqué la prise
de conscience internationale du risque de changement climatique.
Les états les plus riches, pour lesquels une baisse de
croissance ne semblait plus supportable et qui étaient en outre
responsables des émissions les plus importantes, y avaient pris
l'engagement de stabiliser en 2000 leurs émissions au niveau de
1990. C'est le
Protocole de Kyoto, en 1997, qui traduisit en engagements
quantitatifs juridiquement contraignants cette volonté.
1 - Les gaz à effet de serre concernés
sont :
-
le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2) provenant essentiellement de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation,
-
le méthane (CH4) qui a pour origine principale l'élevage des ruminants, la culture du riz, les décharges d'ordures ménagères, les exploitations pétrolières et gazières,
-
les halo carbures (HFC et PFC) sont les gaz réfrigérants utilisés dans les systèmes de climatisation et la production de froid, les gaz propulseurs des aérosols,
-
le protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N2O) provient de l'utilisation des engrais azotés et de certains procédés chimiques,
-
l'hexafluorure de soufre (SF6) utilisé par exemple dans les transformateurs électriques.
Les pays signataires dits «de l'annexe» (les pays
développés ou en transition vers une économie de marché comme la
Russie) ont accepté globalement de réduire de -5,5% leurs
émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012 par
rapport au niveau atteint en 1990.
Parmi ces pays, les États-Unis ont accepté une réduction
de 7%, le Japon de 6% et l'Union européenne de 8%. A la suite de
cet engagement, l'Union européenne a estimé nécessaire de
procéder à une répartition de la charge de cet objectif entre
les quinze États membres. A l'horizon 2008-2012, la France devra
donc stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre à leur
niveau de 1990.
L'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto (le 16 février
2005) a eu lieu dès lors qu'au minimum 55 pays de la Convention
sur les changements climatiques avaient déposé leurs instruments
de ratification. Parmi ces pays, devaient figurer des pays
développés dont les émissions de dioxyde de carbone
représentaient en 1990 au moins 55% des émissions totales de ces
pays à la même date.
La Russie a ratifié également le Protocole de Kyoto.
Néanmoins les États-Unis, qui à eux seuls émettent 30 à 35% du
total des gaz à effet de serre d'origine humaine, ont décidé en
2001 de ne pas ratifier le Protocole. Mais la mise en œuvre
effective est désormais acquise et interviendra officiellement
aujourd'hui.
Les engagements souscrits par les pays développés sont
ambitieux. Pour faciliter leur réalisation, le protocole de
Kyoto prévoit, pour ces pays, la possibilité de recourir à des
mécanismes dits " de flexibilité " en complément des politiques
et mesures qu'ils devront mettre en œuvre au plan national.
2 - Ces mécanismes sont au nombre de trois :
-
les " permis d'émission ", cette disposition permet de vendre ou d'acheter des droits à émettre entre pays industrialisés ;
-
la " mise en œuvre conjointe " (MOC) qui permet, entre pays développés de procéder à des investissements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier des crédits d'émission générés par les réductions ainsi obtenues ;
-
le " mécanisme de développement propre " (MDP), proche du dispositif précédent, à la différence que les investissements sont effectués par un pays développé, dans un pays en développement.
Au niveau international, la Conférence des parties au
Protocole de Marrakech de décembre 2001 a permis de fixer les
critères d'éligibilité des projets au titre des mécanismes de
mise en œuvre conjointe ou de développement propre :
-
le projet doit être «additionnel», c'est à dire générer une baisse effective des émissions pour l'activité concernée par rapport à ce qui se serait produit en l'absence du projet en question ;
-
le pays hôte, qui doit au préalable ratifier le Protocole de Kyoto, doit ensuite approuver formellement le projet si celui-ci s'inscrit dans sa stratégie de développement durable.
Au niveau communautaire, l'Union européenne achève de
mettre en place les instruments juridiques nécessaires et
traduit ainsi sa volonté d'appliquer les dispositions du
Protocole de Kyoto.
3 - La mise en place des permis d'émission et du système
d'échanges
Le marché européen des permis d'émission est une réalité depuis
le 1er janvier 2005. Le système d'échanges est instauré le 1er
janvier 2005 grâce à la directive 2003/87 " quotas ", afin
d'expérimenter le dispositif de marché et d'anticiper sur la
période d'engagement prévue par le Protocole de Kyoto
(2008-2012). Il vise dans un premier temps les émissions de CO2
des secteurs les plus gros émetteurs (papier,
verre, ciment, secteur
énergétique et raffineries), soit 45 à 50% du total des
émissions de CO2 de l'industrie. Environ 12 000 installations de
l'Union européenne à 25 sont concernées.
Le principe est le suivant. Les États membres fixent, pour chaque période, des objectifs de réduction d'émission à chacune des installations concernées à travers un plan national d'affectation des quotas (dit PNAQ) préalablement validé par la Commission. Au début de chaque période, ils affectent un volume donné de quotas aux exploitants des installations, sur la base des émissions des activités concernées. Un quota correspond à l'émission de l'équivalent d'une tonne de CO2. Deux périodes de mise en œuvre sont prévues : 2005-2007 et 2008-2012.
Les exploitants doivent restituer à la fin de chaque période le nombre de quotas correspondant à leurs émissions de CO2. L'intérêt économique du système de quotas réside dans le fait que ces quotas sont transférables et négociables. En effet, les quotas peuvent être échangés par les exploitants des installations. Cet outil de marché favorisera une répartition efficace des efforts entre les acteurs concernés par la directive. Les exploitants pour lesquels les coûts de réduction de leurs émissions seront trop élevés pourront atteindre leur objectif (i.e. restituer le nombre de quotas correspondant à leurs émissions sur la période) en achetant des quotas supplémentaires à des exploitants pour qui les coûts sont moindres et qui auraient un excédent à revendre (i.e. un nombre de quotas correspondant à un volume de CO2 supérieur à leurs émissions sur la période).
Au niveau national, le mécanisme de marché de quotas d'émission,
instauré à l'échelle communautaire, ne peut toutefois suffire à
lui seul au respect des engagements internationaux. S'il vise le
principal gaz à effet de serre, en volume d'émissions, qu'est le
dioxyde de carbone, il ne concerne qu'une partie du secteur
industriel et énergétique, exclut le secteur de l'agriculture,
des transports et du résidentiel et du
tertiaire. Or, ces deux
derniers secteurs sont, en France, les principaux émetteurs de
gaz à effet de serre et, contrairement au secteur industriel et
énergétique, leurs émissions continuent de croître.
Avec une température minimale d'environ -100 °C, c'est la couche
la plus froide de l'atmosphère. La vapeur d'eau peut y geler,
formant des nuages particuliers, les
nuages nacrés
(noctilucent en anglais), à l'aspect irisé.
L'ozone un constituant important de l'atmosphère

La plus grande quantité d’ozone (90%) se situe dans la
stratosphère dans ce que l’on appelle « la couche d’ozone »
entre 15 et 40 km. L’augmentation de l’ozone dans la troposphère
est due à la pollution provenant des activités humaines.
Malgré sa très faible concentration, l’ozone est essentiel à
la vie sur terre puisque sa présence assure la protection de la
vie à la surface de la Terre en filtrant le rayonnement
ultraviolet nocif pour les êtres vivants et les végétaux. Le
développement de la vie sur notre planète a été conditionné par
la formation autour de la terre de la molécule d’ozone (O3).
En effet, le rayonnement solaire dans l'ultraviolet-B (entre 280
et 315 nm) est partiellement absorbé par la couche d'ozone et
ainsi ce rayonnement très énergétique destructeur de l'ADN
n'atteint pas la surface. Par contre le rayonnement ultra-violet
A (entre 315 et 400 nm) n'est que très faiblement absorbé par
l'ozone et parvient jusqu'au sol.
Fragilité de la couche d'ozone et observation de sa destruction
L’épaisseur totale de la couche d’ozone qui conditionne la
pénétration de l’ultraviolet varie en fonction de la
latitude
et de la saison,
mais sa valeur moyenne pendant les dernières 70 années où de
nombreuses mesures sont disponibles, a été remarquablement
stable et ceci jusqu’aux années 70-80. Dans les années 1970 la
communauté scientifique s’est inquiété de l’effet que pourrait
avoir sur l’ozone les émissions d’oxydes d’azote et de chlore
sur la stabilité de l’ozone. Ce sont ces travaux qui ont valu à
Paul Crutzen, Sherwood Rowland et Mario Molina le Prix Nobel de
Chimie en 1985.
Ces inquiétudes se sont particulièrement manifestées en relation
avec le développement de l’avion supersonique Concorde qui
devait créer des quantités importantes d’oxydes d’azote dans la
stratosphère.
Mais
en fait les composés les plus dangereux pour l’ozone se sont
avérés être les composés organiques halogénés, dont les
chlorofluorocarbures (CFC) qui sont des molécules
synthétiques très stables chimiquement et donc sans danger
direct pour les êtres vivants. C’est d’ailleurs pour cette
raison que celles-ci ont été développées et qu’elles ont été
utilisées dans de nombreuses applications: réfrigérants
(frigorifiques, climatiseurs), gaz propulseur dans les bombes
aérosols, mousses synthétiques, solvants...et ont ainsi jouer un
rôle très bénéfique pour l’amélioration de notre mode de vie. Du
fait de leur très grande stabilité, ces gaz restent dans
l’atmosphère pendant des décennies (50 à 100 ans), et ils sont
progressivement transportés dans la stratosphère, où, soumis à
l’influence du rayonnement ultraviolet solaire, ils sont
dissociés et libèrent du chlore qui a alors la capacité de
rentrer dans des cycles de réactions chimiques catalytiques
conduisant à la destruction de l’ozone.
La destruction met en jeu deux réactions chimiques,
l’une transforme l’oxyde de chlore ClO en atome de chlore Cl qui
ultérieurement détruit l’ozone, mais en restituant l’oxyde ClO,
ce qui permet au cycle de recommencer un grand nombre de fois.
Le chlore joue ainsi un rôle de catalyseur et une très faible
quantité de ClO peut détruire un grand nombre de molécules
d’ozone, à condition d’être en présence d’oxygène atomique, ce
qui est le cas grâce à la décomposition de l’ozone par
l’ultraviolet solaire.
Au-delà des faibles
diminutions de l'épaisseur de la
couche d'ozone
qui avaient été prévues et observées depuis la fin des années
1970 dans les régions de moyenne latitude, l’apparition du "trou
d'ozone" au-dessus du continent antarctique en 1985 a été la
première manifestation spectaculaire de l'effet des activités
humaines sur les équilibres physicochimiques globaux de
l'atmosphère. Dans cette région, la quasi-totalité de l’ozone
entre 15 et 20 Km se trouve détruite chaque année au printemps
et l’épaisseur totale d’ozone est alors diminuée de moitié. Une
diminution de l’ozone se produit également, mais avec une
moindre amplitude, au printemps au-dessus de l’Arctique. La
différence de comportement entre les deux régions polaires
provient d’une différence dans la circulation atmosphérique qui
est plus régulière au-dessus du continent antarctique, et cette
circulation maintient dans la stratosphère polaire antarctique
une température très froide favorable à une forte destruction de
l’ozone.
Le Protocole de Montréal et ses conséquences
Dès l’observation du « trou d’ozone » en 1985, des travaux expérimentaux et théoriques ont été entrepris pour en comprendre la cause. En 1987 l’explication scientifique était donnée et elle mettait en cause les composés chlorés, tout particulièrement les CFC. Très rapidement les mesures à prendre ont pu l’être et elles ont conduit à proscrire la production et l'usage des CFC, grâce à la mise en place du Protocole de Montréal dès 1987. La plupart des pays producteurs et utilisateurs de CFC ont ratifié cet accord et les industriels ont rapidement mis sur le marché des produits de remplacement, ou substituts, beaucoup moins nocifs pour l’ozone. Au fil des ans, le Protocole de Montréal a dû être renforcé pour tenir compte des substituts disponibles et des possibilités des pays à les utiliser.
"Effet du Protocole de Montréal et de ses amendements successifs
sur l'abondance des particules chlorées (en haut) et sur l'excès
de cas de cancers de la peau (en bas)."
Mais depuis 1987, les scientifiques ont découvert dans
l’atmosphère d’autres substances aussi nocives que le chlore, si
ce n’est plus. Il s’agit
notamment des composés contenant du brome, comme le bromure de
méthyle utilisé pour la culture des fruits. Le brome est en
effet un agent 60 fois plus efficace que le chlore dans les
processus de destruction catalytique de l’ozone. L’interdiction
de l’utilisation du bromure de méthyle a suivi de peu cette
prise de conscience et on commence à en voir les effets sur la
quantité de brome présent dans la
stratosphère.
Le résultat du Protocole de Montréal et de ses amendements
successifs est maintenant tout à fait visible, comme on le voit
dans la figure 5. Celle-ci représente l’évolution de la
production et de la présence des substances destructrices
d’ozone, de l’ozone total et du rayonnement ultraviolet depuis
les années 70 jusqu’à 2100. La date de 1980 est indiquée comme
correspondant au début de la mise en évidence expérimentale de
la destruction de l’ozone.
a) Production des substances destructrices d’ozone (ODS) avant et après la signature du Protocole de Montréal en 1987. En noir les CFCs, en gris les HCFCs substituts qui ont été utilisés après 1987 et qui sont moins nocifs pour l’ozone que les CFCs.
b) Abondance effective des composés du chlore et du brome présents dans la stratosphère. L’incertitude est liée au délai entre l’émission de ces substances à la surface du sol et leur présence dans la stratosphère.
c) Evolution de la colonne d’ozone total en dehors des régions polaires (60°N-60°S). Les traits en noir représentent les mesures, les régions grises correspondant aux résultats des modèles. Les valeurs d’avant 1980 sont utilisées comme référence pour définir l’état non perturbé.
d) Evolution du rayonnement ultraviolet pour le soleil au
zénith. En gris l’estimation à partir des modèles en réponse au
changement de l’ozone. En hachuré, l’estimation prend en compte
l’influence de modification dans la nébulosité et la présence
d’aérosols sous l’effet du changement climatique.
(extrait du résumé du dernier rapport WMO-UNEP sur
l’état de l’ozone)
On remarque sur la figure précédente que malgré les mesures
prises, le problème de l’ozone n’a cependant pas disparu et
persistera jusqu’au milieu du siècle. Cependant en 2006 on a
constaté, pour la première fois depuis 30 ans, que l’ozone a
cessé de diminuer à moyenne
latitude.
S’il est prématuré de pouvoir affirmer que son retour à l’état
précédent est amorcé, étant donné les fluctuations et les
incertitudes dans les mesures, on a toute raison de croire que
la période de récupération a commencé. La poursuite de ce retour
à l’état initial implique pour tous les pays le respect du
Protocole de Montréal et de ses amendements.
L'observation d'un trou d'ozone très accentué en Antarctique
en Septembre 2006 ne doit pas être considéré comme un signe
alarmant, car on s'attend à observer d'une année à l'autre ce
type de fluctuations d'origine météorologique. De toute façon,
malgré les mesures prises, on ne verra en aucun cas un retour
rapide à la situation préindustrielle. En effet d'une part, les
composés chlorés et bromés restent dans l'atmosphère pendant
plusieurs décennies, et malheureusement il existe encore des
stocks très importants de ces produits qui sont encore utilisés
illégalement dans certaines parties du monde, y compris dans les
vieux frigidaires dont il convient de ne pas relâcher le contenu
dans l'atmosphère. D'autre part, le changement climatique global
subi par l'atmosphère, se traduisant notamment par le
refroidissement de la stratosphère, pourrait avoir comme
conséquence que l'on ne retourne jamais à l'état antérieur. Le
trou d'ozone en Antarctique et les diminutions d'ozone au
printemps arctique se manifesteront encore au-delà de la moitié
du 21ème siècle, avec une variabilité qui rend difficile une
prédiction plus précise.
Prévision de récupération de la couche d’ozone : valeurs
observées entre 1980 et 2005 et prévision d’après les modèles.
Le panneau supérieur correspond aux latitudes moyennes, le
panneau inférieur à l’antarctique. On voit que les valeurs
d’ozone précédant sa destruction par les CFCs ne se
retrouveront que vers le milieu du siècle.
Etant donné que l’ozone atmosphérique absorbe l’ultraviolet
solaire, toute diminution d’ozone (en dehors de toute autre
modification de l’atmosphère) doit entraîner une augmentation de
la pénétration du flux ultraviolet au niveau du sol dans une
proportion à peu près équivalente. Les mesures confirment qu’il
en est bien ainsi. Ces mesures sont délicates car d’autres
facteurs, comme la pollution ou la nébulosité, peuvent également
perturber la transmission du flux ultraviolet. Les augmentations
de l’ultraviolet les plus évidentes ont été observées au
voisinage des pôles. En effet lorsque la destruction d’ozone
au-dessus du pôle Sud cesse avec la fin du printemps, les masses
d’air au-dessus des régions voisines de l’Antarctique sont
pauvres en ozone, et des régions comme le Sud de l’Argentine et
du Chili et l’Australie sont alors soumises à des flux
ultraviolet dangereux. Le même phénomène se produit mais plus
faiblement sur l’Europe au printemps, et cette augmentation peut
parfois être critique à haute altitude où il convient toujours
de se protéger d’exposition trop longue au soleil. Le changement
d’ozone étant minimum aux latitudes tropicales, l’augmentation
du flux UV y est minimum ou nulle. Ailleurs, par exemple en
France, l’augmentation est de l’ordre de 5% .

Changement du rayonnement ultraviolet UV-B à la surface
entre 1979 et 1992.
Si cette diminution de l'épaisseur de la couche d'ozone, aux pôles comme aux moyennes latitudes, s’était amplifiée, le monde entier aurait été soumis aux mêmes effets. Une telle augmentation de l’ultraviolet aurait présenté pour l’ensemble de la planète des risques importants tant pour l'homme que pour les animaux (cancers de la peau, cataractes...), pour les forêts et les cultures (diminution de la photosynthèse).
Comparaison de profils d’ozone obtenus récemment par
rapport aux profils moyens obtenus avant l’action des CFCs. On
observe dans ces exemples que l’ozone est quasi-complètement
détruit entre 14 et 20 km au dessus de l’Antarctique, alors
que la destruction observée au dessus de l’Arctique n’est que
partielle.
La stabilité des masses froides au dessus de l’Antarctique
est responsable de cette asymétrie entre les deux hémisphères.
Beaucoup ont été surpris que « trou d’ozone » apparaisse
au-dessus d’un continent non pollué par les activités humaines,
alors que les CFC et autres composés halogénés sont surtout émis
dans l’hémisphère Nord. Mais, après leur émission et lorsqu’ils
atteignent la stratosphère, ils sont soumis à la circulation
atmosphérique à grande échelle. Après une ou deux années dans la
troposphère,
ils sont répartis à toutes les latitudes, même très loin des
régions où ils sont émis, et notamment au-dessus de
l’Antarctique, là où les températures plus froides sont plus
favorables à la destruction de la couche d’ozone que dans toute
autre région du globe.
Variation de la température arctique et antarctique pendant l'hiver

Cela serait bien que la terre soit ronde..... Exemple
Relation entre le changement climatique et le problème de l'ozone
Ces deux sujets sont très fréquemment confondus, alors que,
comme il vient d’être montré la diminution d’ozone
stratosphérique relève d’un problème tout à fait distinct de
celui du changement climatique.
Ils diffèrent à la fois quant à leurs causes et quant à leurs
conséquences. En effet le changement climatique est la
conséquence de l’augmentation des gaz à
effet de serre,
tandis que la diminution de l’ozone provient de la présence dans
la
stratosphère
d’espèces chlorées, bromées et nitrées qui ne sont pas à priori
des gaz à effet de serre. Les conséquences du premier concernent
le changement de la température de surface, du régime de
précipitations et de l’occurrence d’évènements extrêmes. La
conséquence du second est tout d’abord l’augmentation du flux
ultraviolet solaire au niveau du sol. Il apparaît donc difficile
de confondre les deux problèmes. Cependant la complexité des
interactions atmosphériques est telle que des influences
mutuelles sont inévitables entre les deux phénomènes.
Voyons d’abord les impacts directs des changements de la
stratosphère sur le climat.
D’une part l'ozone est un GES. Sa diminution entraîne une
diminution du forçage radiatif de l'atmosphère du fait de la
diminution de l'absorption UV dans une atmosphère appauvrie en
ozone dans la stratosphère. Cet effet est maximum si le
changement de concentration se situe au voisinage de la
tropopause. La diminution d'ozone stratosphérique depuis le
début de l'ère industrielle représente ainsi une diminution de
l’ordre de 5 % du forçage radiatif dû à l'augmentation des
autres GES. En sens inverse, le retour à la situation précédente
de l’ozone stratosphérique correspondra à une augmentation du
forçage radiatif. D’autre part les CFC et la plupart des
substituts mis au point pour les remplacer sont des puissants
gaz à effet de serre. Globalement ils sont responsables
d'environ 13% de l'effet de serre additionnel dû à l’ensemble
des gaz à effet de serre depuis le début du 20ièm siècle Le
contrôle de leur production est donc essentiel pour la
surveillance des changements climatiques et s’inscrit alors dans
le contexte de la Convention relevant du Climat.
Responsabilité des différents gaz à effet de serre dans le
changement climatique : On voit dans cette figure que les gaz
Halogènes , tant ceux qui jouent un rôle dans la destruction de
l’ozone et les substituts mis en place pour obéir aux
régulations, représentent environ 13% des gaz à effet de serre,
dont le plus important est le dioxyde de carbone CO2.
Il est d’ailleurs fort intéressant de voir comment l’application
du Protocole de Montréal a servi à lutter contre le
réchauffement climatique. Une
étude récente montre que les interdits portant sur les
substances destructrices d’ozone (SDO) ont fait plus pour
satisfaire les objectifs du
Protocole de Kyoto
que les réductions d’émission de gaz à effet de serre (GES)
jusqu’à ce jour. En effet, les plus utilisées des SDO dans les
années 1980 étaient les CFCs qui sont de puissants GES et ont
une longue durée de vie. Si leur croissance avait continué au
rythme des années 70, ils auraient eu à long terme sur le
réchauffement de la planète un effet considérable. Grâce au
Protocole de Montréal, mis en place en 1987, ceux-ci ont été
interdits et leur présence dans l’atmosphère a diminué depuis
cette date, comme le montre très bien la figure 9. Les
substances de remplacement développés et utilisés depuis 1987
doivent donc satisfaire 2 critères : ne pas être des ODS et ne
pas être des GES. D’où les résultats relativement satisfaisant
aujourd’hui quant à leur rôle comparé à celui du CO2.

Figure 9a : Quantité relative des différentes substances destructrices d’ozone en fonction du temps. On voit clairement leur diminution depuis la ratification du Protocole de Montréal en 1987. Celle des CFC, des halons et HCFC avaient déjà commencé comme le montre la figure 9b
Figure 9b : Comparaison du Potentiel d’Echauffement Global du CO2 (trait rouge) et des SDO (trait noir). En vert ce qui serait arrivé si Molina et Rowland* n’avaient pas émis de craintes dès 1970, et en bleu s’il n’y avait eu le Protocole de Montréal.
Figure 9c : Forçages radiatifs comparés du CO2
et des SDO.
Outre le rôle sur le climat des GES que sont l’ozone,
les CFC et leurs substituts, le changement climatique lui-même
exerce des effets sur la stratosphère ; en effet on assiste
actuellement à un refroidissement de la stratosphère,
conséquence de la diminution d'ozone et de l'augmentation des
GES, et qui est déjà observé à nos
latitudes
(environ 1°K/dec à 25 km, 2°K/dec à 50 km). Les modèles les plus
récents montrent que ce refroidissement va ralentir le retour de
l'ozone à la normale qui ne devrait pas avoir lieu avant un
demi-siècle.
Influence indirecte de la stratosphère sur le climat
Certaines fluctuations de la température au sol, qui se
superposent à la croissance continue due aux GES, sont
d'origine naturelle, solaire et volcanique, et elles sont
transmises et/ou amplifiées par la
stratosphère.
Les différents processus affectant le système troposphère - stratosphère : les émissions de gaz à effet de serre, les éruptions volcaniques, le flux solaire ultraviolet et visible et les échanges dynamiques à travers la tropopause.
Influence de la variabilité solaire sur l'atmosphère et le climat
Bien que le mécanisme par lequel les changements d'activité
solaire influencent le climat ne soit pas encore totalement
compris, le mécanisme le plus probable fait appel à l'absorption
du rayonnement UV par l'ozone stratosphérique qui conditionne la
température de la stratosphère. Tout changement dans le flux
solaire (qui se produit pour la majeure partie dans l'UV)
entraîne des changements du gradient de température entre
l'équateur et les pôles et donc des modifications de la
circulation stratosphérique. Celles-ci se transfèrent à la
troposphère et peuvent entraîner des changements de température
au sol : Ts beaucoup plus importants que ceux qui seraient
uniquement dus au changement de flux radiatif. La compréhension
de ce mécanisme d'amplification par l'intermédiaire de la
dynamique est un sujet qui évolue rapidement actuellement et qui
pourrait enfin répondre à la question des relations
soleil-climat ouverte depuis de nombreuses années. Outre les
fluctuations observées dans Ts, ceci permettrait d'expliquer le
petit âge glaciaire et sa relation avec le minimum de Maunder à
la fin du XVI siècle.
Les aérosols stratosphériques
Les échanges dynamiques entre stratosphère et troposphère
La tropopause est loin d'être une barrière infranchissable entre 2 régions de l'atmosphère qui s'ignoreraient. Les échanges de matière et d'énergie sont très fréquents, mais encore mal quantifiés : d'une façon générale, il y a transfert de bas en haut au niveau des tropiques, transfert latéral à moyenne latitude et transfert vers le bas au niveau des pôles. Mais de nombreux transferts ont lieu en dehors des régions tropicales et des pôles, notamment lorsque des langues d'air stratosphérique pénètrent dans la troposphère, lors de ce que l'on appelle les foliations de tropopause. La notion de tropopause (parfois définie comme l'altitude du minimum de température) est elle-même revue actuellement. Il s'agirait non d'une fine surface bien définie, mais d'une couche de 1 à 2 km d'épaisseur. De plus, on commence à observer des changements dans l'altitude et la température de la tropopause sous l'effet de l'augmentation des GES. Les conséquences de tels changements sur le climat ne sont pas encore modélisées, mais elles ne sont vraisemblablement pas négligeables.
Les connections entre stratosphère et troposphère
L'existence de telles connections fait actuellement l'objet
de considérations sérieuses , notamment la propagation de
l'Oscillation Arctique (A.O.) vers la troposphère et la surface,
et la similitude de sa structure annulaire avec celle de
l'Oscillation Nord Atlantique. Les radiosondages des 50
dernières années ont permis de mettre en évidence l'existence de
deux modes de situation météorologique sur l'Europe :
chaud et humide / froid et sec) suivant la force du vortex
polaire et la température dans la stratosphère (vortex fort et
température stratosphérique très basse / vortex étiré et
température relativement élevée). L'impact sur la prévision
météorologique peut évidemment bénéficier de l'existence de
telles connections, et dès maintenant les modèles de prévision à
moyen terme comme le modèle du U.K. Met Office utilise ces
données pour étendre leurs prévisions de 5 à 40 jours.
Conclusion
A l'échelle de la planète, le problème du maintien de la
couche d'ozone stratosphérique qui entoure la Terre est un
excellent exemple de problème d'environnement global. La façon
dont il a été abordé, et dont il a été en grande partie résolu
par la communauté scientifique dans les deux dernières décennies
peut être considéré comme un modèle à suivre dans d'autres
domaines environnementaux par la rapidité de la compréhension
scientifique et l'application immédiate de mesures exemplaires.
Celles-ci se sont avérées fructueuses à plusieurs titres.
D’autre part les travaux des dernières décennies ont
montré, qu’il existe un couplage entre la
troposphère
et la
stratosphère
qu’il convient de ne pas ignorer, notamment si l’on veut
interpréter les variations de la réponse du climat aux
phénomènes d’origine naturelle. Ceci implique une introduction
de la stratosphère avec ses processus dans les modèles
climatiques et donc une augmentation de la complexité.
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