Protégeons la Terre


   Juil 01

Impact des énergies fossiles


Les énergies fossiles

Il s’agit du charbon, du gaz et du pétrole qui se sont constitués il y a plusieurs centaines de millions d’années par l’accumulation et la décomposition de matières organiques d’origine végétale. Il s’agit donc de dérivés de carbone. Et c’est bien là le problème : en se consumant, elles dégagent du dioxyde de carbone (Co2) qui est un gaz favorisant l’effet de serre.

L’effet de serre


Le soleil envoie sur Terre une très grande quantité d’énergie.

La température moyenne de la surface terrestre est actuellement de 15°. Si l’atmosphère était totalement transparente aux radiations infrarouges calorifiques, cette valeur serait de -18°C. La différence provient de l’existence dans l’air de divers gaz qui absorbent les radiations infrarouges calorifiques. Ces gaz sont le dioxyde de carbone (Co2), le méthane, le protoxyde d’azote, l’ozone troposhérique et les chlorofluorocarbones.

Le phénomène dit de l’effet de serre résulte d’une augmentation considérable de ces gaz. Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pourrions arriver à une augmentation de la température moyenne de 3° en 2040. Cela peut paraître insignifiant, voire agréable mais cela aurait des conséquences très graves : les océans augmenteraient de volume, inondant toutes les plaines côtières où vivent actuellement plus d’un milliard d’hommes. Les déplacements de populations provoqueraient incontestablement des conflits. Le régime des précipitations serait bouleversé causant une  » aridification  » des latitudes moyennes de l’hémisphère Nord… les plus favorables à la croissance des céréales d’où un manque de nourriture. Mais surtout, la vitesse à laquelle aurait lieu ces changements empêcherait une adaptation des végétaux.

Ce danger suffit pour admettre qu’il serait suicidaire de continuer dans cette voie. Mais analysons les autres problèmes qui ne sont pas négligeables.

La pollution atmosphérique


Ce sont essentiellement le pétrole et le charbon qui sont en cause : leur combustion dégage des oxydes d’azote, de soufre et de carbone ainsi que des hydrocarbures mal brûlés, du plomb, des suies, des minéraux lourds… Quand on sait que le monde consomme actuellement 65 millions de barils de pétrole par jour (essentiellement sous forme de combustible pour les transports) ainsi que 35 milliards de tonnes de charbon, on peut être inquiet pour notre santé.

Ce sont surtout les citadins qui courent les plus grands risques car la pollution touche essentiellement les grandes villes. En effet, lors de situations climatiques défavorables (anticyclones), la pollution générée par le chauffage et les transports ne s’évacue pas, provocant les pics de pollution dont on parle tant chaque été à Paris. Résultat : cela affecte les personnes qui présentent un terrain favorable surtout au niveau respiratoire (bronchite, asthme…).

Cette pollution attaque aussi la pierre, détruisant des monuments historiques (Parthénon d’Athènes, Obélisque de Paris…).

Les pluies acides

Lorsque les oxydes de soufre et d’azote se combinent avec l’eau atmosphérique, des acides se forment (sulfuriques, nitriques…). Ceux-ci sont à l’origine des pluies acides, lesquelles sont responsables de la mort de millions d’hectares de forêts (allemandes, scandinaves, polonaises), de l’acidification de nombreux lacs… Il importe d’avoir une règlementation internationale sur le sujet car les pluies ne connaissent pas les frontières administratives et frappent parfois des pays qui sont précurseurs en matière d’écologie.

 

Les marées noires

Mais la production et les transports du pétrole sont responsables de très nombreuses pollutions : on ne compte plus les marées noires provoquées par les échouages d’immenses pétroliers. Sans parler des dégazages de cale de navires qui rejetteraient près d’un million de tonnes d’hydrocarbures gazeux chaque année.

 

Les plus importantes marées noires

Année Nom Lieu Tonnage
1967 Torrey Canyon Angleterre 120 000 t
1968 World Glory Afrique du Sud 45 000 t
1970 Othello mer Baltique 60 000 t
1970 Polycommander Espagne 13 000 t
1971 Texaco Oklahoma Etats-Unis 30 000 t
1972 Sea star Golfe D’Oman 115 000 t
1972 Texanitol Oswego Guardian Afrique du Sud 100 000 t
1972 Trader Grèce 35 000 t
1974 Metula Chili 50 000 t
1975 Jakob Maersk Portugal 84 000 t
1976 Urquiola Espagne 100 000 t
1979 Gino/Team Castor France 32 000 t
1979 Ixtoc-1 Mexique 500 à 1 000 000 t
1983 Puits off shore Iran 500 000 t
1983 Castillo-de-Bellver Afrique du Sud 255 000 t
1989 Exxon-Valdez Etats-Unis 35 à 45 000 t
1990 Kharg-S Espagne (Canaris) 40 à 70 000 t
1991 Koweit Koweit 125 à 500 000 t

 

Récemment, ce sont les terres de Sibérie qui ont été victimes d’une énorme pollution terrestre due à des installations d’oléoducs en état de délabrement avancé. De 8 à 10 % du pétrole brut s’échappait de l’oléoduc. En août 94, alors que les autorités locales leur signalent 29 trous apparus dans l’oléoduc, les sociétés pétrolières ont refusé d’arrêter les pompages. Résultat : l’accident est arrivé quelques mois plus tard déversant de 500 000 à 1 500 000 barils sur ces terres vierges.

Dégagement de méthane

Si le gaz, lui ne dégage pas de soufre, en revanche son extraction (ainsi que celle du charbon) dégage beaucoup de méthane lequel a un potentiel de réchauffement 30 fois supérieur au Co2.

Pour information, il faut savoir qu’ il existe une énergie fossile non encore exploitée car à peine découverte. Il s’agit de gisements d’hydrate de méthane. Ce minerai contient d’énormes quantités de gaz emprisonnés dans des cristaux. Les études qui ont essayé d’évaluer leur volume sont encore approximatives mais impressionnantes : quelques 10 000 milliards de tonnes ! Mais beaucoup de questions restent posées : des questions scientifiques tournées vers une éventuelle exploitation car il est actuellement moins cher d’exploiter les gisements de gaz (trop grande profondeur). Mais c’est plus le rôle que cela jouerait dans les changements climatiques.

Non décidément, il faut nous passer de ces énergies si l’on veut un avenir durable pour nos enfants.

Cela ne signifie pas pour autant un retour à l’âge de pierre mais bien un bond en avant pour une utilisation massive des énergies naturelles à savoir l’eau, le vent, la terre, la végétation et le soleil.

CANDAES Richard